L'industrie laitière valorise au maximum les pertes alimentaires

12.06.2025

L'industrie laitière valorise au maximum les pertes alimentaires

Un projet récent de la CBL visant à cartographier les pertes alimentaires dans la filière laitière montre que les transformateurs laitiers non seulement limitent considérablement leurs pertes alimentaires, mais les valorisent également à un niveau exceptionnellement élevé, avec pas moins de 73 % transformés en aliments pour animaux. Les pertes alimentaires sont très faibles, représentant 1,06 % de la production totale. Avec les nouveaux objectifs européens visant à réduire de 10 % le gaspillage alimentaire dans l'industrie alimentaire d'ici 2030, l'industrie laitière prend des mesures pour rendre ses pertes transparentes à l'aide d'un outil sur mesure destiné aux transformateurs laitiers. Ces chiffres montrent que la lutte contre les pertes alimentaires n'est pas seulement un objectif pour l'avenir, mais un axe de travail auquel les entreprises s'attellent déjà aujourd'hui, et avec des bons résultats.

 

L'industrie laitière valorise au maximum les pertes alimentaires

Dans le cadre de ce projet, la CBL a développé, en collaboration avec quelques membres, un outil de mesure permettant de cartographier les pertes alimentaires dans l'industrie laitière. Cet outil fournit des données uniformes, un benchmarking sectoriel et des pistes d'amélioration. Il permet ainsi de disposer des informations correctes nécessaires tant pour les entreprises laitières que pour les décideurs politiques. Il en ressort que les transformateurs laitiers valorisent au maximum leurs flux de résidus alimentaires. Pas moins de 73 % des pertes alimentaires sont transformées en aliments pour animaux, ce qui constitue l'étape la plus élevée de la cascade de préservation de la valeur. Si l'on tient compte des flux secondaires, cette proportion atteint même 95 %. C'est ce que confirme l'indice de cascade, un chiffre qui reflète le niveau de valorisation des flux de déchets alimentaires. Selon nos données, cet indice est de 9,82 pour les transformateurs laitiers (sur une échelle de 0 comme min à 10 comme max), alors que la référence du secteur alimentaire est de 9,06. Les flux restants (25 % des pertes alimentaires) sont principalement destinés à l'incinération avec production d'énergie, afin que cette biomasse ne soit pas perdue.

 

Cascade van waardebehoud (source: OVAM, Monitor Voedselverlies 2020)
 

 

La perte alimentaire reste minimale

Les premiers chiffres montrent que les pertes alimentaires dans l'industrie laitière sont remarquablement faibles : seulement 1,06 % de la production totale est perdue (selon la définition flamande). Ce résultat est meilleur que la moyenne du secteur alimentaire, qui est de 1,3 %. La différence avec d'autres maillons de la filière, comme les pertes chez les consommateurs à domicile, est particulièrement importante. Un Belge produit environ 34 kg de déchets alimentaires par an à domicile, ce qui représente par exemple 222 566 tonnes en Flandre. Il est clair que les transformateurs laitiers s'efforcent depuis longtemps d'optimiser leurs processus et de réduire le gaspillage alimentaire.

 

Seulement 0,67 % de pertes alimentaires dans l'élevage laitier

Au niveau de l'élevage laitier et pendant le transport, les pertes sont également limitées : seulement 0,67 % du lait cru est perdu, principalement en raison de l'utilisation de médicaments. Ici aussi, le secteur assume ses responsabilités et s'engage depuis des années en faveur d'une utilisation responsable des antibiotiques.

 

Renforcement de la collaboration et de la transparence avec les détaillants

La CBL a également analysé la collaboration entre l'industrie et le commerce de détail en matière de perte alimentaire. Il apparaît qu'il existe une marge d'amélioration en termes de transparence, de communication et de coordination concernant les dates de péremption, les délais de livraison et les spécifications des produits. L'amélioration de l'échange de données tout au long de la filière pourrait ainsi permettre des interventions plus ciblées. Des projets pilotes sur le partage des données, les prévisions et la coopération au sein de la filière sont considérés comme des avancées possibles. Cet appel à la coopération et à l'accès aux données a également été soutenu par divers acteurs lors d'un atelier organisé dans le cadre du Food Waste Fest 2024.

 

Mesurer c'est savoir

Sous la devise « mesurer, c'est savoir », la CBL et ses partenaires ont cartographié les pertes alimentaires tout au long de la filière laitière. Cette approche fondée sur les données permet un suivi annuel selon une méthodologie convenue, ainsi que des informations concrètes et un benchmarking, ce qui permet de mettre en évidence les opportunités, les actions et les points sensibles. Avec ce projet, le secteur laitier confirme une nouvelle fois son rôle de pionnier dans la poursuite de la durabilisation de l'ensemble de la filière. Les chiffres montrent non seulement que nous obtenons déjà de bons résultats aujourd'hui, mais aussi notre engagement à poursuivre dans cette voie à l'avenir.

 

Projet avec le soutien d'OVAM & Vlaanderen Circulair 

 

[1] Flux secondaires = flux de perte non destinés à la consommation humaine
[2] & [3] Source: monitoring Perte alimentaire 2020

 

Jolien

Jolien Willems

Advisor Sustainability & Communication
jolien.willems@bcz-cbl.be