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Brexit et l'industrie laitière

BREXIT sans accord:

 

Des exportations de produits laitiers belges d’une valeur de 321 millions € en jeu?

Brexit et l'industrie laitière

 

Nous étudions le scénario d’un BREXIT no deal. En cas de Brexit sans accord, le RU quittera le marché interne européen. Seule l’affiliation à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)  subsistera. Cependant, le RU pourrait négocier un accord bilatéral de libre-échange avec l’UE. De telles négociations durent en moyenne entre quatre et sept ans et requièrent l’approbation unanime de 36 pouvoirs législatifs au sein de l’UE.

 

 

a) Le RU est la 4e destination des exportations de produits laitiers belges

 

Le RU n’a un taux d’approvisionnement que de 77% en production laitière. Dès lors, il est importateur net de lait et de produits laitiers. En 2018, la valeur des exportations de produits laitiers belges vers le RU s’est élevée à plus de 321 millions d’euros. Ceci correspond à  plus de 7% des exportations belges de produits laitiers. Le RU est ainsi le quatrième marché d’exportation pour l’industrie laitière belge (voir tableau 1 en annexe). En 2018, le RU a exporté des produits laitiers vers la Belgique pour une valeur de 267 millions d’euros.

 

Source : BNB

Tableau 1: Destinations d'exportation pour les produits laitiers belges en 2017 

 

Avec près d’un tiers de la valeur d’exportation des produits laitiers belges, le fromage est le principal produit exporté vers le RU. Il s’agit essentiellement de fromage fondu et de mozzarella. La glace de consommation occupe la deuxième place, suivie de près par les boissons lactées, la poudre de lait et les produits laitiers fermentés (voir tableau 2 en annexe).

 

 

 Source : BNB

Tableau 2: Commerce en produits laitiers entre la Belgique et le RU en 2018

 

Source : BNB

Tableau 3: Evolution du commerce en quantités pour certains produits laitiers

 

b) Les tarifs et les contrôles supplémentaires entraîneront une baisse des exportations

 

Pour l’instant, le RU utilise un tarif à l’importation moyen de 40% pour le lait et les produits laitiers importés de pays non UE. Le RU a déjà annoncé qu’il diminuera vraisemblablement ses tarifs de manière draconienne en cas de Brexit sans accord. Le RU propose des tarifs zéro pour de nombreux produits. Il existe toutefois quelques exceptions, par exemple pour le beurre et le fromage. Des tarifs de 3% à 18% sont proposés pour ces produits.

 

A côté de l’application de tarifs, énormément de contrôles administratifs et sanitaires seront effectués. Leur impact se fera surtout sentir sur les produits frais qui ne peuvent absolument pas tolérer des allongements des délais aux douanes. En effet, le RU n’est pas prêt pour réaliser des contrôles rapides et efficaces.

 

 

Source : BNB

Tableau 4: Evolution du commerce en produits laitiers entre 2011 et 2018 

 

Situation pire que l’embargo russe

En 2014, la Russie avait décrété une interdiction d’importation sur un grand nombre de produits agricoles provenant de l’UE et d’autres pays occidentaux. Si nous comparons la perte du marché russe telle qu’elle se présentait en 2013 (€ 1 841 millions) avec le marché britannique en 2015 (€ 4 191 millions), nous constatons que le choc imminent pour l’industrie laitière européenne sera plus de deux fois supérieur. En outre, le marché laitier étant une matière européenne, nous souffrirons aussi d’effets indirects. La disparition des exportations au départ d’autres Etats membres de l’UE créera une suroffre sur le marché européen qui entraînera une baisse des cotations.